Presque rien sur presque tout : le Blog de Gai Luron


Archive de la catégorie

Liste des articles dans la catégorie Tennis.

Masters : Federer écrase Nadal en moins d’une heure… et gagne le tournoi !

50661.jpeg




Federer : et de 5 !!!!!!

federer1.jpeg




Denis Grozdanovitch commente la finale Nadal / Federer

Une fois n’est pas coutume, je me permets de reproduire les extraits d’un article en tout point admirable ; il provient de Libération, et est écrit par Denis Grozdanovitch.

« (…) Il est, en effet, impossible de ne pas saluer Nadal pour ses qualités exceptionnelles de grand champion ! Cependant, et c’est la raison, je crois, de l’atmosphère de désillusion qui s’est progressivement installée sur le court central dimanche après-midi – tout particulièrement chez les aficionados que je vis, comme moi, la messe étant dite, quitter discrètement les tribunes avant la fin, la tête basse… Chaque époque a les champions qu’elle mérite ! – en sport comme en politique, sans parler du domaine de ce qu’il est devenu cuistre et désuet d’appeler l’esprit ! 

Une époque où le pragmatisme utilitaire, d’obédience industrielle, a pris le pas sur le plaisir, le jeu, et l’élégance du beau geste au profit du sacro-saint dogme anglo-saxon de l’efficacité-rentabilité, tout cela issu, comme je l’explique dans mon livre, d’une fausse conception du struggle for life darwinien sur lequel les Américains se sont rués sans autre forme de procès afin de justifier et légitimer leurs pratiques commerciales et financières prédatrices. 

Patrick Tort, le spécialiste français en la matière, nous apprend que rien ne fut plus éloigné des théories ultimes de Charles Darwin que la conception du Struggle for Life développée par les hommes d’affaires américains soucieux de justifier leurs pratiques sociales coercitives. Darwin avait développé, lui, une théorie sociale - qu’ils s’empressèrent d’oublier -, où il cherchait à démontrer que la fameuse sélection naturelle ne s’opérait qu’au sein du milieu animal et s’inversait dès qu’on avait franchi le seuil de l’humain à partir duquel, au contraire, l’entraide et la sollicitude prévalaient dans les rapports de forts à faibles. 

Or, à mon sens, tout cela a pesé très lourd, hier, sur les épaules de Federer, sur le central de Roland-Garros, soudainement investi d’un symbolisme et d’une espérance qui le dépassaient en tant que simple joueur de tennis. 

Cependant, il y eut beaucoup plus de cela dans son attitude instinctive qu’il ne saurait le dire, car il y avait dans sa bouderie et son léger agacement contre lui-même (tout autant que l’année dernière d’ailleurs), un certain refus hautain et dédaigneux de vouloir être un champion à ce prix-là. Au prix de ne se fonder que sur le physique et l’endurance et au prix de sacrifier entièrement l’esprit d’initiative ou la notion de risque. Ce que Nadal et toute l’école des crocodiles de la terre battue ne rechignent aucunement à faire, avec une ardeur qui finit d’ailleurs par émouvoir, par compassion, jusqu’au plus rassis des esthètes de la petite balle jaune et qui, d’autre part, fournit – faible consolation –  la grossière dramaturgie des matchs à opposition de styles d’aujourd’hui. 

Le philosophe Gilles Deleuze, lorsqu’il parle du tennis – en grand connaisseur et amateur qu’il était – oppose le lift au jeu plat en disant que la suprématie du lift correspond à la montée en puissance du sentiment de revanche sociale des classes bourgeoises sur les classes aristocratiques – où ce qui en tient lieu, disons…– car le lift ne s’embarrasse d’aucune autre finalité que l’efficacité tandis que le jeu plus à plat (plus franc et plus esthétique) persiste à vouloir «épater la galerie», à vouloir offrir un spectacle à tous ceux qui viennent dans les stades pour vibrer encore à l’accomplissement d’une belle gestuelle. Une sorte d’alliance profonde et ancestrale entre le peuple et ses héros, que la bourgeoisie industrielle montante (non point l’hédoniste qui a finalement été éliminée, elle aussi) a tout fait pour brouiller afin d’asseoir son pouvoir égoïste. 

(…).Oui, ce besoin d’épater la galerie, au sens ancien, celui du jeu de paume, cet aimable cabotinage décrit par certains observateurs humoristes et ludiques du tennis, ce partage du plaisir gestuel, semblent être à cent lieues des préoccupations des joueurs de l’école espagnole ou argentine d’aujourd’hui, ces inlassables Calibans tenaces et ultra accrocheurs embusqués derrière leur ligne de fond et prêts à tout pour faire tomber dans leurs filets stratégiques, les rares Ariels encore égarés sur les courts de terre battue. »[1] 



[1] Denis Grozdanovitch, Libéblog, 11 juin 2007


Federer écrasé par la fat(nad)alité

nadal1.jpg

Nadal ou la défense victorieuse, hélas…




Federer presque inhumain

Enorme Federer !!! Après avoir balayé en deux sets le petit roquet de Nadal en demi-finales, (6 / 4, 7 / 5), il vient de s’imposer en finale face à James Blake, en trois sets (6 / 0, 6 / 3, 6 / 4). Petit plaisir supplémentaire, le 13 novembre, Blake, finaliste du tournoi avait déjà vaincu au premier tour le petit Nadal, qui ne convainc réellement que sur terre battue. Blake encore qui parle si bien du Suisse magnifique : 

« Aujourd'hui, il n'y avait rien à faire. Rien. Roger était trop fort. Je crois qu’il n'y a pas assez d'adjectifs pour qualifier son excellence. Roger est littéralement incroyable. Le plus fort dans tout cela, c'est qu'il joue encore mieux quand il s’agit d’une finale. Pour moi, c'est un honneur d'être un de ses collègues.» 

Ce succès magnifique de Federer à la Master Cup le situe confortablement pour décrocher le titre si convoité de « Champion des Champions ».


“Nadal, il a triché…”

Lu avec une certaine déception dans le courrier des lecteurs du magazine Tennis[1] ; lors du 3ème tour de Roland Garros, Nadal fit interrompre la partie contre Paul-Henri Matthieu, faisant venir le kiné ; on apprend aujourd’hui que Nadal souffrait en fait d’un mal de gorge depuis le début de la partie, ce qui ne nécessitait en aucun cas une interruption de partie. Pas glorieux…


[1] Tennis, août 2006, p. 103