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Liste des articles dans la catégorie La sottise de la semaine.

Montebourg le mou

La sottise de la semaine, c’est Arnaud Montebourg qui nous l’offre. Ce dernier s’était récemment illustré en dénonçant les fameuses vacances du Prézydent, honteusement payées par un sien ami et non par un contribuable. Rappelons ici les pieuses paroles, pleines de vertu du jeune Montebourg : « je regrette de devoir m'interroger sur les contreparties que M. Bolloré, homme d'affaires rusé, est en droit d'attendre de la République, car dès lors que le président de la République se met en situation de dépendre des faveurs de milliardaires il y a forcément une contrepartie. »[1] Et le même Montebourg avait justifié sa critique par une vertueuse distinction entre intérêts privés et intérêts publics : « Ce mélange des intérêts privés et publics est nuisible à l'impartialité de l'Etat. On ne peut mener une politique qu'à l'écart des puissances de l'argent. M. Sarkozy mène la politique des milliardaires, ce sont eux qui sont au pouvoir et nous le voyons tous les jours. »[2] 

Fort de sa tonitruante dénonciation, le Saint Just contemporain avait gagné les ultimes jalons de moralité qui lui manquait ; blindé de vertu, il ne se doutait donc pas que l’on irait regarder où il avait décidé de passer Noël, jour où lesdites déclarations vertueuses citées ci-dessus furent livrées à la presse. Ce jour, là, donc, « Ray Ban sur le nez, skis au pied, le député PS [Arnaud Montebourg] dévalait les pentes de Courchevel en compagnie de Serge Weinberg. Lequel, après avoir présidé le directoire de Pinault-Printemps-Redoute, dirige à présent le conseil d’administration d’Accor et est administrateur de Schneider Electric, de la Fnac, d’Artemis et de Gucci. (…) Après avoir descendu quelques rouges (les pistes), les deux amis skieurs en ont descendu d’autres à bord de « la Soucoupe », un des établissements les plus huppés de « Courche ». »[3] 

Mais le bon député PS nous en offre deux pour le prix d’une cette semaine. C’est ainsi que le preux chevalier de la pureté, jadis très opposé au cumul des mandats et héraut de ce combat afin de retrouver ce qu’il nommait modestement les « sources de la République », a décidé de prendre, en plus de son mandat de député, la présidence de la Saône et Loire aux cantonales ; mais l’homme a de quoi justifier ce que de mauvaises langues confondraient avec un volte face : « il se passe des choses très importantes dans ce pays et notamment une concentration pour moi inadmissible des pouvoirs »[4] ce qui incite notre député à défendre, contre la dictature sarkozyste, une action « sur le terrain, au contact concret [des] concitoyens »[5] Et il conclut en ces termes : « Cette candidature est d'abord un acte de résistance à la montée de l'absolutisme sarkozyste. » Mais que feraient tous nos preux résistants sans Sarkozy…

Il est vrai que le petit Montebourg, avec Mme Royal, a eu de quoi faire ses armes en matière de duplicité. La malheureuse candidate a ainsi expliqué aujourd’hui à la Presse qu’elle déplorait le rythme de vie de ce Président qui la désole. « Nous avons un président de la République qui vit comme un milliardaire, il n'a plus du tout conscience de ce que nous attendons. »[6] On appréciera au passage le « nous », permettant à peu de frais de jouer la proximité avec les petites gens, que la Madone a subitement pris en affection. Dans une déclaration que n’aurait pas désavouée le bon Maréchal, sentant bon le populisme et le ruralisme authentique en opposition à la ville corrompue, elle a cru bon d’ajouter : « Je suis ici dans la France des territoires, la France sérieuse, la France authentique, qui attend que les problèmes soient réglés. C'est aussi une forme de pudeur. »[7]

Rappelons que la ruralitude et le refus de la fréquentation de milliardaires de la Madone sont tels que depuis février 2007, son ami Pierre Bergé finance un 150m² boulevard Raspail pour que la Madone dispose de locaux gratuits en plein Paris, et souhaite réactiver le réseau « les amis de Ségolène » dont le siège serait… à l’Ecole Normale supérieure de Paris, rue d’Ulm[8]. Montebourg est allé à bonne école.


[1] Le Monde, 26 décembre 2007

[2] Ibid.

[3] Le canard enchaîné, n° 4550, 9 janvier 208

[4] Les échos, 2 janvier 2008

[5] Ibid.

[6] AFP, 12 janvier 2008

[7] Ibid.

[8] Le Point, 28 novembre 2007




Bayrou et la grammaire

J’ai du retard dans la rubrique « la sottise de la semaine » alors en voici une autre, afin de combler un petit peu les semaines manquantes.

Comme tous les jeunes surdiplômés promis à un bel avenir, François Bayrou s’est inscrit sur facebook, le site où l’élite mondiale se retrouve à l’abri des importuns de Myspace. Ouarf ouarf ouarf ! A l’instar d’autres personnages politiques de première importance – on notera avec étonnement l’absence remarquée de Jack Lang – Bayrou s’est donc créé une page, et rassemble pas loin de 2500 friends auxquels il offre un cv assez détaillé, dont je cite un extrait : « En 1974, j'ai été agrégé de lettres. La mort de mon père, qui s'est tué dans un accident du travail, m'a obligé à mener de front mon métier de professeur et la responsabilité d’une exploitation agricole, dans le village où je suis né. Ma femme Elisabeth et moi avont eu six enfants et pas mal de petits-enfants… »[1]

Le côté « gars qui en a » étant mis en valeur, il est toutefois amusant de relever que dans le même paragraphe le personnage rappelle qu’il fut agrégé de lettres en 1974 – et plus précisément de grammaire – et écrit – après une auto-présentation qu’on suppose lue et relue – « ma femme Elisabeth et moi avont (…). » Je pinaille ? Pas si sûr…


[1] Cet extrait est consultable in extenso sur http://www.facebook.com/profile.php?id=678402559&hiq=bayrou%2Cfrancois




Florent Pagny plante Brel

La sottise de la semaine, du mois, de l'année même, c'est Pagny reprenant Brel, du haut de sa monstrueuse vulgarité.


Royal et la peulitique : une histoire d’amûûûr

La bêtise, l’idiotie absolue de la semaine, c’est à nouveau la mère Royal ; l’ami Jus murmurandi a déjà rendu compte de l’hallucinante cruauté castratrice avec laquelle elle traite Bayrou qui avait refusé son marchandage électoraliste ; le « ne montez pas, il y a du monde dans la rue » est déjà un classique !

Je m’amuse pour ma part du titre retenu pour cet ouvrage ; « ma plus belle histoire, c’est vous »… Si l’on devait établir une comparaison de la démagogie ambiante, Royal en serait l’étalon ; paradoxalement pourtant, nul titre n’aurait pu incarner davantage le principe même du royalisme : un sens du politique exclusivement fondé sur le sentimentalisme, sur l’emphase presque religieuse et sur une relation passionnelle avec ses « partisans ». Dans ces conditions, « ma plus belle histoire, c’est vous » désigne admirablement le caractère exclusivement passionnel de la relation au politique que Royal veut établir, ainsi que la personnalisation outrancière dont on peine à cerner qui l’emporte de la démagogie et du populisme, ce qui, justement, rend le titre si adéquat au personnage.

Degré zéro du politique, c’est aussi le degré maximal de la haine ; que pouvait-elle choisir de plus cruel à l’encontre du pauvre François réduit au néant devant la passion qu’inspire à la Madone la foule de militenfants qu’elle aime à galvaniser ? Comment mieux dire tout le mépris qu’elle éprouvait pour son ex « compagnon » qu’en qualifiant sa relation au « peuple de gauche » de « plus belle histoire » ?

Gageons qu’après cet emprunt indigne post mortem à Barbara qui n’est plus là pour regimber, le vieux Johnny proposera à Sarkozy d’intituler son prochain ouvrage « que je t’aime », perpétuant la belle tradition du tutoiement et du contact direct que notre Prézydent a su instaurer avec le bon peuple…




Dominique Malvaud vous parle de liberté…

La sottise de la semaine écoulée, c’est assurément celle de Dominique Malvaud dans une déclaration accordée à RTL, où le délégué du très sympathique syndicat SUD-RAIL a tenté de justifier sa décision et celle de ses amis de bloquer les non-grévistes afin qu’ils ne puissent pas travailler ; je cite : « Des piquets de grève ont empêché ce matin le dégarage des rames avec des pétards et des fumigènes, c'est un geste « symbolique » pour protester contre les prises de services des conducteurs de la  Fgaac (agents de conduite autonomes) qui ne sont pas dans la grève. »  Devant l’étonnement du journaliste lui demandant de quel droit il décidait d’interdire aux non-grévistes de travailler, Dominique Malvaud tenta de préciser que ces actions ne pénalisaient pas les usagers car « aucun voyageur ne se trouvait dans les rames », ce qui, d’une part, ne répondait évidemment pas au sous-entendu du caractère dictatorial pour ne pas dire plus de cette action, et qui, d’autre part, proposait un raisonnement tout à fait hallucinant quant aux voyageurs. 

Nous atteignons là, en effet, un degré de mensonge – ou d’idiotie ? – absolu : du fait que les voyageurs ne peuvent pas, de fait, emprunter une rame bloquée, Malvaud en déduit que le voyageur ne reste pas bloqué dans la rame, et évacue par extension la possibilité de pénaliser les usagers. Les mots manquent pour décrire cette nouvelle terreur et cette nouvelle idiotie menée au nom de la Résistance au Capital…


La gauche Harry Potter de Jean-Claude Milner

La sottise de la semaine écoulée est celle d’un récidiviste, à savoir Jean-Claude Milner. Après avoir prétendu, le plus sérieusement du monde, que le travail de Bourdieu était secrètement guidé par une haine du modèle juif de la transmission, et que, par conséquent, Bourdieu était un antisémite dissimulant ce piètre sentiment sous des travaux s’en prenant à la transmission en général, l’auteur des Penchants criminels de l’Europe démocratique a récidivé dans la sottise en exposant les raisons pour lesquelles Harry Potter rencontre un succès mondial : il est de gauche.

Après cette brillante révélation, Milner assène trois preuves imparables, censées justifier pareille affirmation. Première preuve, « J .K. Rowling considère, comme beaucoup d’Anglais cultivés, qu’il y a eu une vraie révolution thatchérienne, catastrophique, et que la seule possibilité désormais pour la culture est de survivre comme science occulte. Ce que dit J.K. Rowling c’est qu’à côté de la mondialisation il y a autre chose, la culture n’est pas impuissante. »[1] Comprenez que la droite n’aime pas la culture, que Thatcher l’a détruite et que par conséquent, la culture ne peut survivre que par l’ésotérisme et les voies souterraines, en résistance socialiste à la mondialisation (assimilée curieusement à la droite que l’on imagine pour le coup elle-même profondément lointaine du nationalisme que le même Milner dénonçait dans cette même droite…) Donc Harry Potter est de gauche car il incarne la culture qu’aime la gauche et que n’aime pas la droite contre la méchante mondialisation qui détruit le latin et le grec, latin qui selon Milner donne la signification du nom d’Albus Dumbledore, à savoir blanc, qui renvoie à magie blanche ; donc Harry Potter c’est la magie blanche de gauche, contre la magie noire de droite. CQFD.

Mais Milner a d’autres arguments, plus forts encore : « Dans Harry Potter, le mot moldu signifie “non sorcier”, mais pas seulement. L’oncle et la tante de Harry, des Moldus par excellence, vivent comme les héros du monde de Margaret Thatcher, dans un quartier propret où toutes les maisons se ressemblent. Or l’Angleterre contemporaine est le monde où les Moldus ont pris le pouvoir, avec Margaret Thatcher puis avec Tony Blair. Un monde où s’exprime toute la puissance de la middle class. Dans Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, il y a une tante, particulièrement détestable, à qui Harry jette un sort. Elle gonfle et s’élève dans les airs comme un ballon. On peut voir là une référence au Dictateur de Chaplin (et une figure de la toute-puissance de la middle class devenue folle), mais on ne peut s’empêcher de remarquer que la tante s’appelle Marge, une allusion évidente à Thatcher. Dans le film, d’ailleurs, elle porte le même genre de vêtements et a sur la tête le même casque de bouclettes. Dans le monde décrit par J.K. Rowling, il y a donc les Moldus, qui représentent la middle class thatchéro-blairiste (qui va de la lower middle class à l’upper middle class), et puis les autres : le peuple, les gens cultivés et les aristocrates désargentés, autant de gens censés se retrouver dans les public schools ou à Cambridge. »[2]

Le lecteur de Libération est, par conséquent, prié de remarquer que Blair c’est la droite, au même titre que Thatcher, et qu’ils symbolisent tous deux les Moldus et le pouvoir. Accessoirement, l’aristocrate de la pensée qu’est Milner jette un sort à cette désolante middle class, symbole du nouveau Pouvoir droitier. Donc Harry Potter est de gauche.

Autre argument de poids, il y a une « machine de guerre contre le monde thatchéro-blairien »[3] en raison de la présence du latin et du grec. « Contrairement à J.R.R. Tolkien qui, avec le Seigneur des anneaux, célèbre un “monde d’avant” et est donc réactionnaire, J.K. Rowling est, elle, une vraie libertaire animée d’une volonté de préservation. C’est comme si elle disait : “Apprenez le grec et le latin au lieu d’étudier le marketing. Vous pourrez ainsi peser sur le monde de manière inattendue.” Les vrais magiciens, ce ne sont pas les spins doctors de Tony Blair, mais ceux qui savent le grec et le latin. »[4] Donc Harry Potter est de gauche car il a étudié le latin et le grec, lettres classiques dont on sait qu’elles charrient les plus « libertaires » et les plus gauchistes des élèves… Donc Harry Potter est de gauche.

Enfin, last but not least, si Harry Potter est de gauche et en lutte contre la droite, il ne peut être que sympa, gentil, acquis au camp du Bien. C’est ce que Milner appelle « noblesse de cœur contre tyrannie »[5] Rien que ça. Mais au-delà de cette différence entre le Bien de la noblesse de cœur et l’horreur de la tyrannie, Milner propose une analyse des « pouvoirs » tout à fait jouissive : « pour J.K. Rowling, la culture ne porte pas en elle-même la garantie contre son mauvais usage. Ce mauvais usage, c’est la passion qu’un sujet éprouve à opprimer d’autres sujets, et c’est la seule passion qui conduit à la déshumanisation de celui qui en est habité. Dans Harry Potter, Voldemort est le plus grand des méchants parce qu’il est le plus grand des sorciers. Il est habité par la passion de peser sur les sujets, la pire passion possible. Et c’est là que réside la seule inégalité contre laquelle il n’y a rien à faire : l’inégalité en noblesse d’âme, en générosité. Harry en est doté, pas Malefoy. »[6] L’analyse est jouissive car elle sent le règlement de comptes, l’accusation à peine voilée à l’encontre de ses collègues cultivés qui utilisent mal leur pouvoir, qui en profitent pour être « méchants », tout méchants méchants comme le vilain Voldemort.

Face à cet article, les lecteurs de Libération ont bondi ; ils y ont vu une sottise crasse, bien que l’on y célébrât les vertus progressistes et généreuses de la gauche dont ne doute pas un lecteur normal de Libération. Pourtant l’article déplut : peut-être parce qu’il dit trop bien – quoique parfaitement involontairement – ce qu’est la gauche contemporaine, une gauche Harry Potter…


[1] Jean-Claude Milner, Harry Potter est-il de gauche ?, in Libération, 26 octobre 2007

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Ibid.

[5] Ibid.

[6] Ibid.


Le syndicalisme français ou l’oligarchie antidémocratique

La sottise de la semaine écoulée n’en est pas vraiment une, elle relève davantage d’un hallucinant culot ; il s’agit d’un communiqué du syndicat radical d’extrême-gauche, SUD, deuxième syndicat de la SNCF, communiqué dans lequel le syndicat exigeait que « le gouvernement indemnise les usagers qui ont déjà payé leur titre de transport. »[1] Pourquoi le gouvernement demanderez-vous ? Très simple : « Par sa volonté de détériorer les retraites de tous les salariés[2], le gouvernement est responsable de la grève qui démarre le 18 octobre. »[3]

L’ironie est ici maximale : les syndicats français, et l’un des plus grotesques d’entre eux, que le monde entier regarde avec désolation et affliction (§), se déclare implicitement irresponsable de ses propres mouvements de grève et fait porter la responsabilité sur l’exécutif comme si, d’une certaine manière, les grévistes étaient la ruse du gouvernement. Cela revient très exactement à affirmer que le gréviste est par essence un être parfaitement irresponsable, qui s’agite non par lui-même, mais par simple réaction à un processus gouvernemental.

 Je crois cette revendication beaucoup plus significative qu’il n’y paraît de prime abord ; ce n’est pas un hasard si le plus irresponsable et le plus immature des syndicats français fait porter la responsabilité de la grève et même son initiative sur un tiers ; ce syndicat a atteint un point d’irresponsabilité telle qu’il n’est pas en mesure d’accepter la moindre responsabilité, fût-ce celle d’une grève et se présente lui-même comme la pantin réactif de la politique gouvernementale. Ce qui demeure fascinant, c’est que des hommes puissent à ce point abdiquer toute notion d’honneur.

Mais au culot et à l’irresponsabilité s’ajoute, comme à l’accoutumée, le mensonge : le syndicat SUD « appelle les cheminots grévistes à participer aux assemblées générales pour décider démocratiquement des suites du mouvement. »[4] La démocratie, la vraie, c’est celle qui a élu un président pour mener à bien la réforme des régimes spéciaux, et qui lui a adossé un parlement où existe un parti majoritaire favorable à cette réforme. La démocratie, ce n’est pas ces 6% d’employés syndiqués qui imposent systématiquement leurs revendications égoïstes contre le fait majoritaire ; le syndicalisme français est une oligarchie minant sans fin, et de l’intérieur, le fait démocratique.


[1] Le post.fr, 16 octobre 2007

[2] C’est moi qui souligne.

[3] Ibid.

[4] Ibid.


Sarko m’a tuer

La sottise de la semaine, c’est celle d’une anonyme – oui bon ok, je n’ai pas eu le temps d’éplucher les déclarations des célébrités –, qui, commentant une pétition appelant le Prézydent à respecter ses promesses sur la réforme de l’université ou des régimes spéciaux, explique que Sarkozy la fera bosser jusqu’à la mort, la tuera même peut-être, elle et tous les autres Français. 

Le texte est reproduit tel quel, avec la syntaxe et l’orthographe d’origine. 

« les personnes qui ont ecris sur ce site en juillet vont devoir constater que sarkozy travail pour les riches et vont constates que c pire que ce quil proposait .tout le monde va trinquer,prive public,il nous a tous bleuffe,nous allons tous pleurer,rassurer vous je n aie pas vote pour lui,car je suis contractuelle a la sncf,agent d aceuil,j ai 53ans et je vais devoir aller jusqu a mort sans suive,car je suis rentree tard pour elever quatre enfants,donc pas assez d annees et je ne suis pas la seule contractuelle rassurez vous et que vont devenir nos enfants ,petits enfants nous devront payer pour nous soigner,c une catastrophe nationale que nous propose sarkozy pour qui vous avez tous votes,nous ne pourons plus nous soigner,nous aurons des retraites de miseres et nous n auront pas le temps d en profiter car nous serons trop vieux et uses et plus ont va travaille tard, moins nos enfants et petits enfants auront de place sur le marche du travail et ce sera la misere pour tous sauf pour les riches bien sur et vous allez encore croire a sarkozy ,il va tous nous tuer ,c la vrai debandade politique,j espere que vous allez reagir et non pas a croire encore que sarkozy va sauver la france,il n as pas ete au etat unis pour rien ,il va instaurer le systeme americain et vous n aurai plus que vos yeux pour pleurer,et je le rappelle ,ce n est pas que les regimes speciaux qui vont trinquer ,ce sera tout le monde,la vous ne pourrai plus dire que les cheminots sont des privilegies ,car vous le prive vous allez en prendre aussi,sarkozy nous a tous bien bleuffer , vous avez tous bien ete heureux de sont election,et maintenant vous allez tous pleurer.ET VIVE LA FRANCE EN TOUT LES CAS DE CE QUI VA EN RESTER ET BON COURAGE A TOUS IL VA FALLOIR S ACCROCHER POUR TRAVAILLER AU DE LA DE SOIXANTE ANS POUR CERTAINS METIERS. A BIENTOT » 


L’intelligence journalistique : péché majeur pour Jean-François Kahn

« Marianne, un des seuls hebdos non vendus au sarkozysme » ; tel est le running gag qui se donne à lire régulièrement sous la plume des commentateurs des articles du Monde lorsqu’il est question de cet hebdo, comme si l’antisarkozysme constituait un gage de qualité et de bon journalisme. Dis mois qui tu combats, je te dirai ce que tu vaux. Ah Marianne, seul hebdo résistant ; avec Le Nouvel Obs ; et puis Le canard enchaîné ; ah puis l’Express aussi, et n’oublions pas Charlie Hebdo. Mais tous les autres hebdos, je vous assure, ils sont vendus hein ! « Tous les autres », ça veut dire Le Figaro magazine, et Le Point. Pour ma part, je me demande si Marianne ne serait pas plutôt un des seuls hebdos vendus au sarkozysme ; l’outrance de ses dossiers, la bêtise de ses articles, le ridicule de ses accusations ont certainement plus fait pour l’élection de Sarkozy que les tongs UMP n’ont infléchi le vote des vacanciers en faveur du Prézydent. Je n’invente rien, c’est Sarkozy lui-même qui, susurre-t-on, l’aurait expliqué, en renonçant au tête-à-tête musclé qu’il avait prévu d’avoir avec Kahn pour cette raison…

Kahn, vous connaissez ? Mais si, Kahn, vous savez, cet antisarkozyste patenté qui est arrivé au modeste mariage d’Henri Weber au Cirque d’Hiver, aux côtés de son grand ami Alain Minc[1] ; Kahn, ce trublion qui se la joue rebelle et isolé, fustigeant les « bullocrates » et festoyant avec son pote Gérard Miller déclarant à ce mariage que « si on n’est pas invité ce soir, on n’existe pas socialement. »[2] ; Kahn, ce type qui vomit sur la droite bling bling en se fendant la poire avec le patron de JP Morgan, le patron de Lazard et Lindsey Owen Jones, le boss de chez L’Oréal. Kahn enfin, le roi de l’indépendance médiatique et partageant sa coupe de champagne avec Patrice Duhamel, Jérôme Clément et Patrick de Carolis[3]

Kahn, c’est le patron de Marianne ; mais si, Marianne, vous savez, ce journal qui s’honore de son indépendance politique, qui fustige les journaux vendus à l’UMP en particulier et aux partis politiques en général, et qui lui-même est détenu par l’actionnaire Yves de Chaisemartin, patron des jeunes du MODEM… Vous savez ce journal qui se la joue redresseur de tort et qui réclame l’honnêteté mais où, pour faire croire à une pluralité d’opinions, son patron, l’ineffable Kahn, se voit obliger de signer sous quatre noms différents afin de simuler une apparence de débats démocratiques[4]  Marianne, ce journal qui fustige sans cesse l’omniprésence médiatique de Sarkozy et qui lui a consacré 16 Unes successives…

Pour qui s’étonnerait que ce torchon imbécile passe encore pour un modèle d’impertinence en surfant sur la vague d’antisarkozysme quasi unanime dans la presse écrite, un début de réponse est apporté par un reportage réalisé dans les locaux de Marianne au cours de la campagne électorale, permettant de comprendre, à travers le mot d’ordre kahnien, comment autant de bêtise peut se coaguler.

Premier jour du reportage, le 12 février, le brillantissime Jean-François Kahn lance à ses troupes les mots suivants : « Les descriptions intelligentes, tous les journaux peuvent les faire. On nous attend sur une différence totale. »[5] Les « descriptions intelligentes », tous les journaux peuvent en faire ; tous ? Non, un seul petit hebdo résiste encore et encore à l’intelligence, galvanisé par son chef irréductible, le toujours très futé Jean-François Kahn. Marianne, cet infâme patchwork aux articles aussi désordonnés et brouillons que l’ « esprit » de ses rédacteurs et dont l’infâme maquette devrait décourager tout lecteur un tant soit peu pourvu de goût, reçoit ainsi de son fondateur la qualification de son intrinsèque projet : surtout ne pas proposer de « descriptions intelligentes » mais imposer une « différence totale » par rapport à de telles descriptions pour la durée de la campagne (et, soyons fous, même après !). Faire mine de refuser les descriptions intelligentes, alors qu'on n'en est tout simplement pas capable, le truc est connu ; transformer en refus volontaire ce qui n'est à la base qu'une incapacité foncière, voilà le fonctionnement classique depuis quelques décennies de l'axiomatisation de sa propre incompétence érigée en refus contestataire des normes bourgeoises, et rebaptisée liberté. Infiniment minable.


[1] Arianne Chemin, La gauche à la noce, in Le Monde, 3 octobre 2007

[2] Ibid.

[3] Ibid.

[4] Le Point, 6 septembre 2007, n° 1825, p. 18

[5] Le Monde, 29 septembre 2007


Et Fillon faillit : pour Amira

Eric Zemmour disait il y a peu que le mieux placé pour savoir à quel point les ministres étaient nuls, c’était Sarkozy lui-même. « Sarkozy, écrivait Zemmour, sait mieux que personne que les ministres qu'il a nommés ne sont pas, pour la plupart, à la hauteur de cette tâche. C'est d'ailleurs qu'ils n'ont pas été choisis par le président pour leur compétence, leur expérience, ou même leur poids politique. Les critères de sélection ont été tout autres : sexe, origines, couleur, âge. Sarkozy a composé un gouvernement pour satisfaire aux canons du politiquement correct médiatique. C'est « United Colors of France ». »[1] On ne saurait mieux dire. 

Mais de toute évidence, c’est le premier d’entre eux qui a assuré le spectacle la semaine dernière, en annonçant aux agriculteurs corses que l’Etat était en faillite, méthode étrange lorsque la stratégie gouvernementale consiste à créer un « choc de confiance » sur fond de politique dite volontariste. Le Patron de l’Elysée n’a guère goûté cette sortie fillonesque, et aurait déclaré, furieux : « Fillon déconne complètement. J’ai compris, il veut exister, mais il me fait chier. (…). Je ne peux pas le dégager tout de suite. Mais, en mai, tout deviendra possible. » [2]

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Et Guaino d’ajouter, plus psychologue que Sarkozy, que cette manifestation du Premier Ministre « était une manière stupide de clamer son amour à Sarkozy. Le Premier Ministre agit comme ces enfants qui se sentent blessés par leur mère et font pipi au lit pour attirer leur attention. »[3] Histoire de dire que Fillon en tient une couche…


[1] Eric Zemmour, Quand commissions et comités concurrencent les travaux du gouvernement, in Le Figaro, 7 septembre 2007

[2] Le canard enchaîné, mercredi 26 septembre 2007

[3] Ibid.


Royal en cure de “densification personnelle”

J’inaugure une nouvelle rubrique sur ce blog, qui paraîtra le week-end, et qui aura pour fonction de récompenser la plus risible déclaration d’une personnalité dans la semaine écoulée.

Cette semaine, c’est Ségolène Royal qui ouvre le bal avec son voyage au Québec, Québec où la malheureuse candidate aux présidentielles a affirmé poursuivre son travail de « densification personnelle »[1]… Ce qu’il y a d’admirable avec Royal, c’est la resémantisation de l’être qu’elle propose ; lorsqu’elle fait perdre la gauche aux élections de 2007, elle ne perd pas, elle remporte une « non-victoire » ; lorsqu’elle cherche à combler sa vacuité, elle n’est pas creuse, elle est en cours de « densification personnelle » ; vous imaginez un nuage cherchant à devenir, à terme, un épais brouillard, expliquer au nimbus voisin qu'il a décidé d'adopter une ligne de densification personnelle au cours d'un voyage d'étude écossais ?

Densification personnelle… Il faut le dire à haute voix, la chose est plus amusante encore.

On savait Ségolène Royal déjà en voie de réparation personnelle entre ses dents rabotées, sa mâchoire refaite et sa peau tirée, on la découvre à présent en plein remplissage neuronal ; ne reste plus qu’à lui accrocher autour du cou une pancarte « attention travaux »…


[1] Le Figaro, 19 septembre 2007.