La mystification royaliste : du culot à l’indignité
Je traînais un dimanche midi, perdu que j’étais dans la France fasciste sarkozyste ; lobotomisé par une jeunesse dévouée à TF1, j’allumai machinalement mon poste de télé : TF1 d’abord, évidemment. Il était 13h14, dimanche dernier. Jean-Pierre Pernaut lance un reportage sur la spécialité culinaire de je ne sais plus quel village. « Encore de la pub pour Sarkozy » pensai-je intérieurement. Ulcéré, je zappai. France 2 proposait vers 13h16 « un dimanche de campagne », sorte de chroniques politiques au texte prétendument littéraire, abordant les questions politiques de la semaine écoulée. Le narrateur évoquait les trois sens du mot séduire : séduire par le charme d’abord, sens attribué à Royal, que l’on voyait à l’écran, radieuse et souriante. Puis séduire par la raison, l’intelligence, comme le fait Bayrou qui apparaissait à son tour à l’écran. Mais aussi séduire au sens vil, tromper, induire en erreur, comme le fait Sarkozy selon le narrateur du reportage. Ah tiens, France 2 serait entrée en résistance contre le Grand fasciste Sarkozy ? Etonné je zappais vers Canal + pour la semaine des Guignols. Interminables attaques contre Sarkozy censé contrôler les média, censé vouloir instaurer une société de peur, etc. Et ben, il est drôlement courageux ce service public de résister face au fascisme et aux pressions ; et que dire de Canal + ? Je m’incline devant tant de courage.
Heureusement il reste la presse écrite. Amusantes les réactions de la presse après le débat : émerveillement, louanges, libations autour de l’Immaculée Candidate ; elle fut pugnace, forte, montra qu’elle avait l’étoffe d’un président ; elle a résisté à Sarkozy lut-on un peu partout. Certes, sauf que… Duhamel l’avait fort bien exposé : « Le problème de Sarkozy, c’est qu’il est face à une femme, le problème de Royal, c’est qu’elle est face à Sarkozy. » Alors face à une femme, toute attaque eût paru machiste, misogyne ; il lui fallait la jouer fine, se faire mielleux, tendre, presque victime. Et il le fut. Une voix douce, faible, presque inaudible de temps à autre face au rouleau compresseur strident et appuyé de sa concurrente. Physiquement, elle domina : elle se tint droite alors qu’il apparut voûté, elle parla d’une voix fort et pénible, il murmura. Parfois même, elle hurla lors de la sainte (et feinte) colère. Si si, sa colère était feinte ; ainsi que le remarqua le pourtant très peu sarkozyste Serge July, « c’était totalement préparé ». Et ça s’est senti. Tout d’abord l’horaire : 22h55, soit 5 minutes avant la fin prévue du débat ; elle l’avait préparé pour que ce fût ce que les Français retinssent (oui je suis pédant ce matin) ; juste avant la fin du débat, c’était censé être l’apothéose de celui-ci, l’image forte que devaient retenir les Français. Puis il y eut ces deux formules, trop peu spontanées, trop travaillées : « le summum de l’immoralité politique » et « la sain(t)e colère » ; admirablement placées, elles encadraient parfaitement la colère ; l’immoralité au début, formule choc, et la saine colère à la fin. Mais ces deux formules auraient pu porter sur n’importe quel sujet, les handicapés comme les clandestins, les assistés comme les fonctionnaires. Rien dans ces formules ne ciblait les handicapés, précisément parce qu’elles devaient tomber à la toute fin du débat, et Royal ne pouvait pas savoir quel sujet serait traité ; il fallait donc des formules choc qui, toutefois, ne continssent pas (décidément…) la matière précise du sujet. Et surtout, ce qui signe le caractère feint de son indignation est son mensonge : Handiscol qu’elle a en effet créé a été supprimé par la droite sur demande des handicapés eux-mêmes ; et qu’a fait Chirac ? Il a demandé un plan d’insertion des handicapés qui a ouvert l’accès à 120 000 d’entre eux, ce qui représente plus de 60 % d’augmentation par rapport au plan Handiscol jugé inefficace par les handicapés eux-mêmes.
Au-delà de cette infecte utilisation des handicapés comme matière à une colère dont la forme était prête, car travaillée en coulisses, il est surprenant de voir la presse s’ébahir devant les performances de l’immaculée candidate : à chaque sujet, elle botta en touche : les retraites ? Ben le travail c’est pénible, il faut prendre en compte la pénibilité. Oui mais comment on finance ? Ben pénibilité du travail ; oui mais comment on finance ? La dette ? Il faut désendetter mais dépenser plus. Ah bon. Les 35 heures ? On réforme ou pas ? Non. Ah bon. Mais on les étend ? Je sais pas, faut voir, il faut demander aux partenaires sociaux. Ah. La Turquie ? Pour ou contre l’entrée dans l’UE ? Je sais pas, il faut demander des négociations ? Pour ou contre en l’état ? Ben il faut négocier et discuter. Et ainsi de suite. Et les journalistes, à l’unisson, n’ont pourtant pas tari d’éloges sur la compétence de la Madone, la force des propositions, etc. Mais les média sont aux ordres sarkozystes, c’est bien connu.
Ces média, justement, parlons-en. Quiconque se baladera dans les kiosques pourra regarder les unes de Libération, qui appellent à voter Royal et bouter Sarkozy hors du champ politique, les Unes interminables de Marianne sur fond rouge et noir apocalyptique, pratiquant sans cesse l’amalgame et la calomnie, dénonçant son bushisme, son libéralisme, son contrôle des média, etc. On pourra aussi consulter le Nouvel Observateur et ses deux pétitions en faveur de Royal contre le « danger » Sarkozy, ou la Une du Monde de jeudi soir, montrant une Royal souriante, face à un Sarkozy agressif montrant ses dents inférieures. Comme à son habitude, le Monde est plus insidieux, moins « colossale finesse » que Marianne, mais l’image est là. Il n’est jusqu’aux organes minuscules de presse qui ne se liguent contre le « danger » : de Témoignages chrétiens qui dresse une liste de 15 raisons pour ne pas voter Sarkozy au Monde diplomatique, de Politis à cités black, chacun y va de sa tirade, de sa dénonciation du danger. Mais les média sont aux ordres sarkozystes, c’est bien connu. Tiens, rien qu’hier, dans la presse écrite, une lettre ouverte de Royal dans Le Nouvel observateur, une interview en Une du Parisien, et un Rocard envoyé pondre une tribune pour rassurer les centristes dans Le Monde. Plus la diabolisation habituelle du candidat UMP : un dessin de Wiaz montrant Sarkozy courant sur une route, son ombre prenant la forme de Le Pen, un article de Badinter dénonçant la dérive « impériale », un autre article dans le même journal intitulé « Sarko la menace » sans compter les photos orientées le montrant avec son rictus et autres suggestions visuelles indignes.
Mais, de façon générale, lorsque l’on demande à un anti-Sarko lambda pourquoi Sarkozy est dangereux, la réponse est invariable : « il contrôle les média » ; ah bon, lesquels ? Surpris devant cette demande de précision, votre interlocuteur répète : « les média » ; oui mais lesquels ? « Ben euh TF1 » Ah oui TF1, cette chaîne dont Robert Namias, directeur de l’information est « Ségo compatible et non Sarko-compatible » « Oui non mais bon, il y a LCI aussi » précise, quelque peu énervé votre interlocuteur. Ah oui, LCI, chaîne ultra-regardée du câble… LCI qui devient « les media »… Vous n’obtiendrez guère plus de précisions. Eventuellement, dans le meilleur des cas, on vous ressortira l’affaire Génestar, vous savez l’ancien directeur de Paris Match qui, étrangement, n’a jamais porté plainte…
Mais la messe est dite : celui qui manipule, celui qui est dangereux, c’est Sarkozy, L’anti-démocrate, c’est lui. Mme Royal peut dire que si sarkozy est élu, les banlieues s’enflammeront mais c’est quand même lui qui est antidémocrate. Arrêtons-nous un instant sur cette hallucinante déclaration. Se rend-on compte à quel point elle bafoue par ses mots l’idée même de libre vote ? A quel point elle intimide le vote démocratique en brandissant d’éventuelles menaces ? est-ce qu’un président de la République peut légitimer les violences urbaines pour les présenter comme la conséquence logique – et juste – du vote en faveur de son adversaire politique ? « Si vous votez pour Sarkozy, les voyous seront mécontents et brûleront vos voitures. » Tel est le raisonnement doublement infâme de Royal : non seulement elle utilise les banlieues comme épouvantail, les figeant dans leur rôle de brûleurs de voiture et de voyous sanguins, mais en plus elle légitime ces violences, elle s’en sert pour faire peur (mais évidemment, celui qui crée les peurs est en face, c’est l’autre, Sarkozy) Et c’est Sarkozy qui est anti-démocrate ? On croit rêver.
Finalement, cet épisode d’une indignité maximale révèle la méthode socialiste et plus particulièrement royaliste : attribuer aux autres ce qu’elle-même pratique. Le cas de la division française est très nette. Voilà un parti, le PS, dont le chef, Hollande déclare ne pas aimer les riches, établissant ainsi une ligne entre les Français qu’il aime – les non-riches – et les Français qu’il n’aime pas, les riches et assimilés. Et c’est Sarkozy que l’on accuse de scinder, de diviser la société en deux… La réalité, c’est que le PS n’est jamais sorti de la lutte des classes, d’une conception conflictuelle de la société ; le PS n’a jamais abandonné l’idée selon laquelle le moteur de l’histoire est celui d’un combat de classes, mais, honteux de sa propre conception dualiste de la société, il a eu le culot démentiel de prêter cette vision à Sarkozy. Et pourtant, lorsque la gauche dénonce « les cadeaux faits aux riches », elle ne cesse de susciter la jalousie des plus défavorisés à l’encontre de ceux qu’elle stigmatise comme « riches », elle ne cesse d’inciter à la haine les pauvres auprès desquels elle suscite la jalousie des riches comme pour mieux faire oublier qu’elle est désormais installée dans la classe de ces derniers. Lorsque Royal propose toutes ses lois sexuelles, sur les femmes battues par exemple, elle ne cesse de présupposer les antagonismes de sexes, l’homme étant bourreau, la femme victime. La parole des enfants encensée et magnifiée contre la parole mensongère des adultes (affaire Montmirail). La carte du monde socialiste est nécessairement dualiste ; opprimés / opprimants, forts / faibles, exclus / riches, etc. Et c’est cette vision dualiste et discriminante qu’elle essaye d’attribuer à Sarkozy, faisant de lui un danger pour l’unité de la République ; et pourtant qui propose de donner aux Français un même contrat de travail afin d’en finir avec les contrats précaires et discriminants ? Qui propose de soumettre les Français à un même régime de retraite pour tous ? Qui propose la discrimination positive afin de donner plus à ceux qui ont moins ? Qui propose l’accès à la propriété pour tous plutôt que de maintenir la discrimination locataire / propriétaire ? Mais c’est lui qui est accusé de diviser la société française… Le PS ne recule devant aucun culot, aucun mensonge…
Un exemple, un seul, lors du débat : Royal, totalement perdue sur les retraites, accuse soudainement Sarkozy de bénéficier d’un régime avantageux : « votre régime parlementaire » accuse-t-elle, le doigt pointé. Mais qui des deux est parlementaire ? Elle, et non lui ; il le lui rappelle ; peu importe, l’important est qu’elle dénonce chez lui le privilégié, alors que c’est elle qui bénéficie du régime qu’elle lui attribue. Le culot est ici maximal. Attribuer aux autres ce que soi-même on pense, ce dont soi-même on bénéficie ; dire de Sarkozy qu’il est un danger pour la démocratie alors qu’on cherche soi-même à intimider le vote démocratique par la désignation des réactions en banlieue, accuser l’autre de scinder la société quand on adopte soi-même un raisonnement dualiste (forts / faibles, hommes / femmes, etc.), accuser l’autre de bénéficier d’un régime avantageux de parlementaire quand on est soi-même parlementaire, etc.
Royal est habile tactiquement ; mais médiocre intellectuellement. Le culot a, chez elle, comblé les brèches des lacunes politiques; mais le débat de mercredi semble, d’après les sondages, avoir ouvert les yeux à pas mal de Français. La vacuité du discours ne fut guère comblée par sa maîtrise des apparences ; le col Mao pour draguer les gauchistes ne dissimula pas la main tendue aux centristes libéraux ; le culot de la feinte colère fut manifeste. Royal voulut régaler ; la France dégusta.





Analyse PARFAITE ! Excellentissime.
Vraiment excellent !
Merci ouf. Euh, je rougis.
Merci à vous également Jérôme.
Excellente analyse, bravo !
Quelques arguments rigolos d’un sphère man de Ségo à propos de « Sarkozy contrôle les médias »:
http://vinz-a.blogspot.com/2007/05/sarkozy-un-danger-pour-la-libert-de-la.html
D.
Héhé ; il est bien ce Vinz, on apprend que Sarkozy contrôle la France depuis 1994. Ce serait pas lui aussi les écoutes de l’Elysée ?…
Y a pas de quoi rougir !
Tellement excellent que j’en parle aussi chez moi…
Ah, on est bien!!!
Parfait, cet article. Pas un mot à enlever.
Quoique: je t’avais rarement vu si plaintif, tu sembles accablé. Détends-toi, tu sais bien qu’il va passer…
Vous avez vu, ce salaud de Bayrou a changé le PD en MD : on pourra plus se moquer… C’est vraiment trop injuste…
Merci Bruno.
Oui je suis accablé. Imagine combien cette campagne aurait été plus belle si à la place de la cruche poitevine on avait eu DSK ou quelqu’un de compétent ? Imagine les vrais duels qu’on aurait eus. Puis surtout on aurait échappé à cette voix, cette horreur vocale, stridente et laide.
Je n’ai pas lu l’article (trop long) mais je suis entièrement d’accord avec ton dernier commentaire. Pour une fois on est d’accord sur quelque chose.
Célia, je n’ai pas lu ton commentaire en entier (trop long)
c’est triste de voir qu’on peut être aussi conne, bête, méchante, mesquine, très bourgeoise mal baisée. Ségolène, ou l’aversion à l’état pur.
C’est pas très sympa pour Montebourg chère Camille…
Ce qui est vraiment triste, quoi qu’en même temps des plus divertissant pour nous public sensé et stimulant pour les productions blogesques de Gai Luron, c’est de voir qu’elle ait pu arriver là où elle en est avec tant de gens acquis à sa cause!
J’en profite aussi féliciter Gai Lulu pour sa plume habile et accrocheuse (à l’ère des blogs, cette expression parait encore plus désuette mais je la trouve plus charmante que, mettons: « vous avez une frappe intéressante mon cher » qui aurait plus sa place dans un article de L’ÉQUIPE que dans le présent blog mais je m’égare…), je disais donc une plume habile et accrocheuse mais je ne j’épancherais pas plus sur le sujet, je ne voudrais pas encourager les accents mégalomanes du-dit cabot…
Pour les médias, il y a quand même le curieux reportage sur TF1 à 5 jours du deuxième tour, sur la France des assistés = profiteurs. Bon, on va dire que ce sont les hasards de la programmation…
Et vous oubliez le média radiophonique, certes, c’est surement en perte de vitesse encore que le matin au reveil ou sur la route du boulot, un petit quart d’heure de Catherine Ney, ça fait toujours du bien.
Après, je conçois que les attaques sur Sarko auraient du se concentrer sur le bilan du quinquenat qui se termine et qui n’est pas glorieux. Enfin, c’est la faute de la BCE, c’est bien connu. (et des 35 heures qui ont quand même 10 ans maintenant).
Mais bon, il aurait été surement plus percutant de mentionner que Sarkozy a l’économie, ce sont des exonérations pour les legs (de son vivant ou mort) compensées par des augmentation de la CSG. La France qui se lève tôt a du apprécier. (comme elle appréciera la TVA dite sociale).
Et pour l’insécurité, on ne saura pas, les statisticiens sont en grève … comme Airbus, PSA, Alcatel … au moins, la fin de Chirac coincide avec des revendications dans le domaine privé, c’est très rare en France. Là encore, l’actualité en a très peu parlé. On a droit à 20 minutes avec un psychologue du langage pour analyser la signification du doigt pointé lors du débat … L’essentiel passe à l’as.
C’est peut être plutôt ça le pb des médias. Alors, je ne sais pas si quelqu’un les controle mais en tout cas, c’est un peu du vide pour lancer de vraies investigations. Et quand il y a un peu d’enquête (JP Lepers, Zero, Moreira) … pfiuottt, placardisé.
Au passage, je note que pendant les 4-5 mois de campagne, on ne sait pas ce que faisait le gouvernement actuel et la France continuait de tourner visiblement. Finalement, est ce utile tout ce bordel ? Un roi comme nos voisins, c’est peut être pas plus mal.
Cher Ulrich,
En fait je pratique ce qu’on pourrait appeler un « style démago », et vous le qualifiez avec bienveillance d’accrocheur. La phrase courte, vive, ça marche toujours…
A ma connaissance, le roi a aussi un gouvernement et un premier ministre.
Je ne suis pas royaliste (au sens propre comme au sens adapté) mais je trouve que la monarchie parlementaire a des avantages que la république ne pourra jamais avoir…
Quel cynisme Gai Lulu…
Ah. Puisqu’on élève le débat au niveau intellectuel des candidats…
Gai Cucu, dans une autre vie, tu avais la possibilité de réagir aux théories sarkozystes sur la généalogie des « dérives infâmes du capital » (je cite, hein, je cite, doucement), l’ascendance soixante-huitarde de celles-ci (weeeeeeeellllll….).
Dans un autre genre, Onfray livre un compte-rendu assez pittoresque de sa rencontre avec Sarkozy sur son blog… ayant pu parcourir les efforts suants de Gai Cucu pour justifier les cuistreries sur la génétique, j’aimerais pouvoir lire une élégie récupératrice contrant cette description ma foi assez bien tournée. En novlangue, s’il vous plaît, comme d’habitude. Cimer.
Exactement Thibaut. Cela restera un éternel regret de n’avoir pas vu la gauche redevenir intellectuellement sexy.
Et cette voix qu’on a dû supporter pendant des mois… Une horreur. Ils auraient pu la faire doubler par Monica Bellucci, faire quelque chose, quoi. C’est une question de savoir-vivre, merde!
NWM
Ah enfin tu es là.
Avec ta mauvaise foi habituelle.
Avec ton infinie idiotie.
Comme si j’avais cherché une seconde à justifier Sarkozy sur la génétique alors que je cherchais justement à analyser la possibilité logique de ce qu’il disait… Mais j’avais oublié que tu ne lisais pas les posts. Je pensais, avec naïveté, que tu réagirais au post sur lequel tu laisses un commentaire : mais tu ne l’as pas lu, ou alors tu essayes de changer de sujet.
Pourquoi n’écris-tu pas toi-même un article pour dire qu’on n’a pas idée de lier 68 et les dérives du capital ; moi, 68, ça ne m’inspire pas. ca me laisse froid. Les ptits bourgeois qui recherchent le frisson sur les baricades, et les cathos qui découvrent la baise, ça me fascine pas beaucoup. Mais toi ça t’excite ; alors libère toi, lâche toi, vas-y, lance-toi. Je te l’ai dit, je te publierai.
En attendant, si tu veux réagir aux propos de Royal sur les révoltes dans les banlieues pour effrayer les électeurs… Je ne dis pas que j’attends de toi des propos profonds, mais au moins, pour une fois, ils ne seraient pas hors-sujet…
Ils auraient dû la doubler par besnéard….
Gai Cucu, une fois pour toutes : non, je ne sauverai pas ton blog. Qui a dit que j’avais envie de plancher sur mai 68 et les dérivesdukapitol, nan, nan-nan. Je te parle de la médiocrité intellectuelle de Sarko, c’est toi qui évites ce sujet, c’est toi le questionné ici, c’est toi qui as le parole, je ne suis ici que pour baisser ton ptit froc quand tu parles devant tes poteaux, pour que tu te retournes rougeaud et outré le slip entre les genoux. Crois moi, c’est bien plus marrant.
C’est ton émission , c’est toi qui fixe les sujets, c’est toi Monsieur Loyal, qui dois répondre, justifier, faire les comptes. Un auditeur appelle, je suis le peuple, de mauvaise volonté, railleur, vulgaire… pas fôcile, hein ?
Alors, quid de la bêtise foncière de Sarko, de ses raccourcis bas du front, d’une assurance de petit-bourgeois qui appellerait son Flaubert pour trouver sa véritable ampleur ? C’est le 68 ma bonne dame, le 68 qui a amené la peste, le choléra, le communisme archaïque et la capitalisme ravageur, le débat ouvert et sans fin et l’obscurantisme idéologique, le nord le sud, le noir le blanc, c’est-y pas trop de misère…
68 te dégoûtes, 36 te déséspère… ça doit être pas facile pour toi de te faire payer des coups dans les bars. Pas d’happy hour pour Gai Cucu. Que des salons de thé à 6 euros la verveine… Entouré de tes amis puceaux, ou pire encore, dévergondés de leur catholicisme atavique (« les cathos qui découvrent le cul »… arf. une petite dose de Rohmer te ferait du bien, libre-penseur anachronique).
Ecrire sur ce blog ? Come on, Sartre a refusé son Nobel, moi je ne le mérite même pas. Mais mon droit de parole sera utilisé comme ceci : je te commande une chronique s’intitulant « Douleur de vivre hors de ce monde ». C’est beau non ?
Trés bon papier, GL
Et combien méthodique et jubilatoire, ce travail de Sarko-le-plombier, réparateur en chef du système sanitaire de la maison France, qui rends enfin possible l’utilisation de la chasse d’eau qui entrainera Ndlwm et ses frères jumeaux vers un obscur et malodorant futur.
Chapeau l’artiste !
Excellente analyse, en effet. Continuez comme ça.
Mais mon cher NWM,
Comme tu le dis si bien, c’est moi qui décide des sujets. Je ne me suis pas intéressé aux propos de Mister Sarkozy sur 68 : tu me prêtes ta propre psychologie, à savoir celle de l’infaillibilité du candidat auquel on accorde son suffrage.
J’ai du mal à voir le rapport avec les happy hours, à moins que ce ne soit une façon modeste de te la jouer mec cool qui fréquente les bars (si ça se trouve on fréquente les mêmes en plus). Colossale finesse mon pauvre ami. C’est reposant un tel degré de connerie satisfaite. En outre, si vraiment tu me déculottais petit coquin, ça fait longtemps que je t’aurais classé comme du spam… sache que si je te laisse déverser tes excréments, c’est parce que j’aime te voir te ridiculiser ainsi, te donner en pâture en croyant impressionner : la médiocrité repue est jouissive.
Quant à émettre des réserves sur mai 68, dire que ce n’est pas une formidable libération, c’est évidemment une preuve de défaite de la pensée puisque, n’est-ce pas, tout ce qui ne célèbre pas les dogmes de gôôôche est impitoyablement renvoyé – sans aucune justification puisque cela va de soi… – à la dénonciation de fascisme (version morale) ou de médiocrité intellectuelle (version pseudo intello)
Ah c’est si simple de fonctionner par stimuli : vous n’adhérez pas à 68 ? hop, médiocrité intellectuelle, fasciste, etc. Comme si 68 était exempt d’un examen critique, c’est-à-dire justement … intellectuel… L’évidence, c’est cela qui sclérose la pensée de gauche ou plutôt ce qu’il en reste : il est « évident » que mai 68 c’est génial. Il est évident que les 35 heures sont un « progrès social » ; et bien non : l’intelligence se doit de porter sur ces dogmes un regard critique et acéré, penser et non acquiescer d’office, prendre de la distance et non célébrer, réfléchir et non se prosterner. Et juste essayer un peu (je sais que c’est dur) de ne pas tout de suite diaboliser ceux qui ont le courage de rompre avec ces dogmes écrasants. Un peu d’air, juste un peu. Comme chez Rohmer, justement, le temps d’une nuit…
Mais bon cher NWM je sais désormais grâce à toi qu’on reconnaît un soixantehuitard à sa présence vers 19h00 dans les bars lors du happy hour. On en apprend tous les jours
« … de Témoignage chrétien qui dresse une liste de 15 raisons pour ne pas voter Sarkozy. »
Hum, pas 15 raisons mais bien 51 raisons sur les exemplaires vendus en kiosque. Et pas moins de 69 raisons sur leur site web !
Enfin, vous n’êtes plus dans vos rêves cauchemardesques!
Le principe de réalité reprend ses droits. Me voila rassurée et guillerette !
La plus grande révolution pour ce pays est de le doter d’écoles de journalisme où la pluralité des opinions puisse s’exprimer et que nous ayons enfin des contradicteurs,
pour en finir avec la pensée unique, le politiquement correct et la dictature de la repentance que nous subissons jusqu’à l’étouffement depuis + de 30 ans.
Vous commencez quand?
Ahah, NWM est bien drôle… se faire inviter en happy hour, c’est le signe qu’on est un mec bien?
Gai lulu entouré de ses amis puceaux: tiens, encore un onfrayophile à grosses couilles qui tient à nous rappeler qu’il en a et qu’il se les vide régulièrement, de préférence jamais dans la même nana deux fois de suite? L’important, c’est de baiser. Penser c’est bien, bouffer c’est pas mal, aussi , mais baiser, surtout, hein, et plus encore: le dire.
Suite aux derniers messages de MC et aux protestations bien légitimes d’électeurs sarkozystes qui ont suivi, je dois apporter un démenti formel à ses dénégations : il n’est pas exact de dire qu’il y a une collusion entre Monsieur le candidat Nicolas Sarkozy et les médias français. Ainsi :
Le fait que le rédacteur en chef des services politique et économie de TF1, intervieweur ouvertement pro-sarkozy, François Bachy, ait été nommé hier chevalier de l’Ordre national du Mérite par le chef de l’Etat qui a salué « un très grand professionnel, rigoureux, impartial » est purement fortuit.
Le fait que Nicolas Sarkozy fasse la bise à Arlette Chabot, juste après le grand débat du 2ème tour, est tout à fait normal et anodin. Ils sont si complices, et se sentent tellement intouchables qu’ils ne s’en cachent pas.
C’est une pratique bien courante des candidats à la présidentielle à travers le monde. Que n’a-t-on pas vu Georges Bush rouler une pelle à Jim Lehrer après un tel débat !
Le fait qu’aucune des chaînes de radio (Europe 1, RTL) et de télévision (TF1, Canal +), qui sont très proches de Monsieur Sarkozy, n’ait accepté de diffuser le débat Royal-Bayrou est un malheureux hasard.
La différence de ton entre les deux pitbulls des médias, à savoir les excellents Jean-Pierre Elkabach et Jean-Michel Apathie, lorsqu’ils interrogent le camp Sarkozy ou le camp Royal est tout à fait minime. Ainsi, sur Canal +, Apathie demande à Sarkozy pourquoi sa campagne est un tel triomphe, alors qu’il demande à Royal les erreurs qu’elle à commises. Simple différence rhétorique, point de parti pris.
Les colères à France 3 (il veut virer tout le monde), les coups de fils d’intimidation, la révocation du directeur de Match (pour un résumé et un complément, voir par exemple cet excellent article de Libé), tout ceci n’est que mouvements d’humeur, insignifiants. Que voulez-vous, Nicolas a du caractère.
C’est pourquoi, je tenais à apporter ce rectificatif, en espérant que ceci vous éclairera demain dimanche pour le vote.
Putain… c’est désespérant.
Entre débiter des conneries sur mai 68, et l’aduler, t’as pas autre chose en tête ?
Puisque tu proposes de toi-même un parallèle Gai Cucu/Sarko, je rajoute le suivant : la même stratégie argumentative, à savoir la victimisation, l’exagération des propos adverses. Ce que tu dénonces te concerne en premier lieu : ne pas souscrire au ressentiment anti-68, selon toi, c’est idolâtrer cette période. Quant aux 35h, je n’ai jamais abordé ce sujet…
J’attends toujours la chronique commandée.
Pour patienter, je demande cette faveur, Gai Cucu : reconnaître que critiquer la médiocrité intellectuelle de Sarkozy dans sa caricature de 68 n’est pas forcément mettre des cierges rue Gay-Lussac. Déjà ça, ce serait un grand pas. Forcément, ça requiert un poil d’humilité. Et la mienne ? Oh, moi, je ne fais que balancer des conneries, des vannes. Je ne donne pas de leçon : rien de positif dans mes propos. Toi, par contre, tu déclares, généralises. Courageux. Mais assume une certaine vacuité.
Bruneuneu :
Gai Cucu a amené le cul sur le tapis, si je peux m’exprimer ainsi.
Cher Denis :
1) Bachy : Chirac n’est pas Sarkozy. Le directeur de l’info de TF1, Namias, est de gauche et soutient Ségolène.
2) Chabot : y a rien à dire. Elle est de droite, tout le monde le sait.
3) Sur le débat Royal / Bayrou, je crois que vous inversez la question : pourquoi organiser un débat avec un perdant ? Ca n’a aucun sens et c’est même grotesque. L’interdire, ce serait lui faire encore plus de pub : je vous renvoie en outre aux déclarations du président de la presse régionale qui a fait état de pressions de… Royal pour dire que sarkozy faisait pression.
4) « Sarkozy doit être combattu, contredit ; il faut le combattre, il faut lui opposer des arguments, il ne faut pas le laisser dire ce qu’il dit. » (Jean-Michel Apathie, Canal +, avril 2007)
NWM : Dis moi ce que 68 a selon toi apporté et on en débat. Pas de ressentiment envers 68, juste un droit d’inventaire. Rien de plus. Zen, calme, cool ; tiens mais t’es pas au bar au fait ? C’est l’heure pourtant.
Nan, ch’peux pas débattre, chuis bourré.
Je n’en attendais pas moins de toi.
M. de Maulpoix,
Désolé pour cette erreur concernant Témoignages chrétiens ; merci pour la rectification. Autant de raisons de pas voter Sarkozy que d’Etats américains ; un hasard ?
NWM: ahah, tu me fais vraiment marrer. Agressif et drôle… Bruneuneu, c’est pas mal trouvé. la prochaine fois qu’on s’enverra un whisky avec gai lulu, on tâchera de le boire à ta santé!
allez je commence: ce que 68 a apporté: la possibilité au jeune Alain Renaut de percer dans le milieu de la philo avec un essai volontairement polémique simplifiant Derrida, Foucault, etc (avec les fameuses équations: Foucault = Nietzsche + Heidegger; Derrida = Heidegger + le style de Derrida, etc.). Mais aussi: l’émergence de Deleuze, de types comme ça, dans l’espace de discussion philosophique.
Mais aussi: l’enseignement à la cool, la baise comme valeur suprême et comme accomplissement ultime de soi-même (comme le disait une mienne connaissance assez favorable à cela: ah, putain les années 70, ça devait être le pied, de pouvoir niquer à tout va avant les MST… bah ouais, va savoir s’il n’y a pas quelque causalité, même indirecte et parcellaire, entre les deux phénomènes…). Tout ça.
en littérature: mmh, je vois pas trop. En Amérique, Woodstock a été bcp plus fécond, ça a inspiré, pour la branche que je connais, tout le courant de la « speculative fiction », notamment. pour la musique, même constat: c’était beaucoup mieux en Amérique, je pense. qu’est-ce que t’en penses, naissance de la world music?
Moi j’ai toujours plus vibré devant les morts d’Altamont et les sales gueules des Hell’s angels, que devant les crétins cools et pacifistes à cheveux gras de Woodstock. Mais c’est une affaire de goût.
Putain, Thibaut, ce dernier commentaire, on dirait du Dantec.
Il boit des verveines Dantec ? ….
Non, du coca, tu sais bien.
Tiens moi aussi ; je suis un défenseur du Coca. Bon bah vive Dantec alors
gai lulu
en 68, « les cathos découvrent la baise »… et mes parents cathos découvraient le brevet des collèges reporté, ce qui a déclenché chez eux une haine forcenée pour ce mois-ci de leur histoire.
mais le coup des « cathos qui découvrent la baise », seront définitivement les 5 mots de la soirée. je me tiens les côtes.
J’ai fait rire Camille ! Joie,
En ce qui concerne votre sondage: je me demande si vos visiteurs ne sont pas un peu partiaux?
Hum, c’est tout à fait possible.
Néanmoins il s’agit juste d’une estimation et non d’un souhait. Personnellement j’avais voté pour Royal…